Roumanie

Roumanie

C'est donc en ROUMANIE que s'est achevé notre partenariat multilatéral européen Comenius « Différent But Equal ». Quatre élèves du lycée STEFFI JEHU, MICHELE VILTART, MARIANNE EHRHARDT et ZOE PEREIRA accompagnées de deux enseignants, sont allées poser la dernière pierre de ce beau projet qui a réuni sept délégations pendant deux ans. Deux années pleines de surprises et de rebondissements, riches d'expérience et de souvenirs, deux années d'échanges et de partage qui n'ont laissé aucun des participants indifférent. Les élèves de notre lycée Pierre Forest ont ainsi, au cours de ces deux années, traversé six pays européens et visité leur patrimoine culturel et historique. Ce faisant, ils ont appris à  se connaître les uns les autres et à  se comprendre. Pour nos élèves, ce partenariat a été l'occasion de découvrir des partenaires européens assez peu connus, à  l'instar de la Roumanie.

 

C'est précisément en Roumanie que le projet a pris fin : un territoire à  la croisée des chemins religieux, ethniques, historiques et un pays de contrastes qui a aujourd'hui, même si beaucoup ont tendance à  l'oublier, un destin européen. Avec une population de 22 millions d'habitants, la Roumanie fait partie de l'Europe depuis 2007, mais ne fait encore partie ni de l'espace Schengen ni de la zone Euro : pas d'euros donc mais des leu (ou Ron), et donc quelques problèmes de conversion...

Notre périple a commencé le dimanche 27 avril à  Targoviste, ancienne résidence princière et capitale de la principauté de Valachie. C'est la ville de Vlad III l'Empaleur, de sinistre réputation, mais aussi l'endroit o๠les époux Ceausescu ont été jugés et exécutés en décembre 1989 lors de la révolution roumaine. Nous avons été chaleureusement accueillis par les familles et par l'ensemble des délégations déjà  sur place.

La journée de lundi a été consacrée à  la découverte du lycée et de la ville (visite très officielle à  la mairie), ainsi qu'aux divers ateliers de travail entre élèves et entre collègues des différentes délégations. Sans oublier un copieux repas offert par l'école : boulettes de viande grillées, paupiettes au chou, ragoùt de porc à  l'ail et aux oignons, beignets à  la crème et au fromage, délicieux gâteaux et pâtisseries en tout genre.

Au menu du la journée de mardi, une rencontre avec Vlad Tepes au château de Bran. Chez nous, ce héros de l'histoire roumaine est mieux connu sous le patronyme de Vlad Dracul, tyran du XVe siècle dont le passe-temps était d'empaler ses ennemis pour le petit-déjeuner. C'est ce même personnage haut en couleur (red of course) qui a été brillamment récupéré par l'auteur irlandais Bram Stoker, en 1897, pour créer son Comte Dracula, vampire immortel, qui fera la joie des lecteurs du monde entier, avant d'être porté à  l'écran et de faire frissonner des générations de cinéphiles. A défaut de l'avoir rencontré en chair et en os, des paysages extraordinaires, des sommets enneigés, des vallées profondes et mystérieuses, des forêts très denses et impénétrables, des terres agricoles, des pâturages à  perte de vue, de petites églises orthodoxes et des scènes pittoresques, telles ces carrioles surchargées tirées par des chevaux : bref, une vraie carte postale de la Roumanie traditionnelle et rurale.

 

Mercredi : Bucarest, ville martyre, défigurée par un autre tyran, bien plus contemporain celui-là  : Nicolae Ceauchescu. Nous avons visité son ancien palais, aujourd'hui utilisé comme siège du Parlement roumain. Impressionnant, certes avec ses 350000 mètres carrés habitables, son marbre rose, ses grandes salles et ses escaliers monumentaux mais une triste débauche financière pour un pays au bord du gouffre à  l'époque et pour un bâtiment qui, aujourd'hui, se fissure par endroit, faute d'un budget à  la démesure de l'édifice.

Au final, pays de contrastes et de diversité, la Roumanie s'est révélée déroutante. Située aux marges de l'Europe, elle possède de véritables trésors naturels, humains et culturels mais doit aussi relever des défis colossaux. En témoignent la misère omniprésente et les quartiers tziganes à  l'écart... Mais, grâce à  ce voyage, nous avons aussi rencontré des gens attachants et souriants, à  la fois francophiles et francophones. Un peuple latin, qui parle avec passion de la France, de sa littérature, de Paris et des liens qui unissent nos deux pays. Oui, la France occupe une place privilégiée dans le cœur des Roumains et leur générosité nous a particulièrement touchés.

 

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